S'il y a bien un marché où ça bouge pas mal, c'est celui des robots tondeuses. Cela a commencé il y a quelques années avec des modèles où il fallait enterrer un câble périmétrique pour délimiter son terrain, puis sont apparus les robots guidés par GPS avec balise RTK, à placer stratégiquement pour couvrir tout son jardin. Puis plus récemment la technologie LiDAR a fait son apparition, avec la promesse d'une navigation autonome et précise sans infrastructure spéciale. À chaque génération, une nouvelle technologie, un nouveau standard.
C'est dans ce contexte que le TerraMow V600 a débarqué dans mon jardin, et il prend le contre-pied de tout le monde. Pas de RTK, pas de LiDAR, pas de câble à enterrer. Uniquement trois caméras et de l'intelligence artificielle. Une approche qui n'est pas sans rappeler celle de DJI pour faire naviguer ses drones : de la vision pure, des algorithmes, et une confiance totale dans l'image. Et ce n'est pas un hasard. Derrière TerraMow se cache Muxin, une société fondée en 2019 à Shenzhen par d'anciens ingénieurs issus du département Vision de DJI, le leader mondial du drone civil. Avant de s'attaquer aux pelouses, Muxin a rodé sa technologie sur des robots domestiques — ses modules caméra équipent notamment le Eufy S1 Pro et le Rowenta X-Plorer 240 AI+. Le V600 est l'application de cette expertise à l'extérieur, avec en supplément : ombres, pluie, et variations de luminosité. Après plusieurs semaines de test sur ma pelouse normande de 420 m², voici mon verdict complet et honnête.
🟢 TL;DR — Le TerraMow V600 en 5 secondes
✅ Installation sans outil en 30 minutes, zéro câble à enterrer
✅ Cartographie 100% automatique, précise et rapide
✅ Tonte efficace, aucune zone oubliée, nombreux réglages
✅ Garage inclus à 999 €
❌ Bordures à 15 cm du bord (disque central)
La fiche Technique du V600 de TerraMow
- Navigation : TerraVision™ 2.0 — triple caméra IA
- Surface recommandée : 600 m²
- Surface tondue par heure : 80 à 120 m² selon complexité
- Surface par charge : 130 à 250 m²
- Hauteur de coupe : 25 à 75 mm (réglage électrique)
- Largeur de coupe : 203 mm (disque central, 3 lames)
- Batterie : 3,8 Ah / 84,36 Wh — autonomie 120 min
- Temps de charge : 100 min
- Niveau sonore : < 54 dB
- Étanchéité : IPX6
- Pente maximale : 18° (32,5 %)
- Connectivité : Wi-Fi + 4G (carte SIM intégrée)
- Poids : 11,8 kg
- Dimensions : 60,2 x 39,4 x 33,1 cm
- Prix : 999 € (garage inclus)
Déballage et installation : zéro prise de tête
L'emballage est soigné, tout est bien protégé dans le carton. On y trouve le robot, sa station de charge avec son toit à assembler soi-même (quatre vis à la main, sans outil), le bloc d'alimentation, un manuel, un guide de démarrage rapide, et neuf lames de rechange (trois étant déjà installées sur le robot à la livraison).
L'installation de la station au sol se fait avec les vis et la clé BTR fournies. Ancrage au sol rapide, aucune surprise. Pour la mise en service, il suffit de se laisser guider par l'application. Au premier démarrage, il y a de fortes chances que vous soyez invités à effectuer une mise à jour de firmware. Faites-la, cela ne peut qu'améliorer les capacités du robot. Comptez une dizaine de minutes si plusieurs versions de retard sont à rattraper, comme dans mon cas.
En résumé : en moins de 30 minutes, le robot est déballé, posé, connecté, et prêt à découvrir votre jardin. Aucun câble à enterrer, aucun technicien à faire venir, aucune balise à positionner. C'est assurément l'installation la plus simple que j'ai vue sur ce type de produit.
Présentation du robot
J'ai été quelque peu surpris par la taille du robot lors du déballage. En effet, le V600 est compact, plus petit que ce que j'imaginais pour un robot de cette gamme (bon c'est peut-être aussi parce que j'utilise un robot pour 1600 m² qui, de ce fait, est un peu plus imposant...).
Sa ligne blanche et épurée est agréable, et une poignée bien intégrée à l'arrière facilite toute manipulation de la bête. Utile pour un engin de près de 12 kg.
À l'avant, les trois caméras du système TerraVision 2.0 sont bien visibles. C'est elles qui font tout le travail de navigation, sans aucun LiDAR ni antenne RTK. En retournant le robot, on découvre une seule roue directionnelle à l'avant, deux grandes roues arrière crantées pour l'adhérence, et le disque rotatif central avec ses trois lames. La durée de vie de ces lames est estimée par la marque à 240 heures ! Ce qui laisse le temps de tondre et retondre pendant plusieurs mois.
Cartographie automatique : le TerraMow V600 explore tout seul
C'est là que la promesse de TerraMow se confronte à la réalité pour la première fois. On appuie sur un bouton dans l'application, et le robot part explorer l'environnement pour cartographier son terrain de jeu. Cette phase de cartographie, je l'ai trouvée un peu longue : dans mon jardin, avec environ 420 m² à tondre, cela a pris 74 minutes. Dans ce laps de temps, le robot a navigué partout, longé les bordures, contourné les obstacles et construit sa carte tout seul.
Une fois la cartographie terminée, il est possible de modifier son jardin, pour créer des zones interdites, des allées de passage, etc. Il est également possible de découper son terrain en zones. Cela peut être pratique si l'on souhaite appliquer des réglages différents à plusieurs endroits, ou tout simplement pour tondre une seule partie du jardin.
Le résultat de la cartographie a pour ma part été nickel : obstacles bien détectés et aucune zone oubliée. Là où certains robots nécessitent de passer par une cartographie manuelle, en guidant le robot via son smartphone, le V600, lui, fait tout lui même.
La tonte au quotidien : efficace et bien paramétrable
Première session lancée manuellement : 371 m² couverts en 261 minutes avant interruption nocturne. Petit point à connaître : une tâche manuelle ne reprend pas automatiquement le lendemain. Ce n'est pas un bug, c'est le comportement attendu d'une tâche ponctuelle. Pour une reprise automatique, il faut passer par le mode auto avec planification. Une fois qu'on le sait, c'est logique.
Depuis, le robot a enchaîné les sessions sans accroc durant 3 semaines. L'algorithme de navigation est efficace, les passages sont propres, aucune zone oubliée. J'ai également un couloir de 1m20 entre un mur et une clôture, qui peut poser problème sur certains robots. Avec le V600 aucun souci puisque la largeur minimale est de 60 cm ! (100 cm recommandés).
Côté réglages de tonte, l'application permet de paramétrer :
- La hauteur de coupe de 25 à 75 mm (réglage électrique)
- La vitesse de déplacement (fin, par défaut, rapide ou adaptatif)
- La vitesse de rotation du disque (eco, parfait ou rapide)
- L'espacement des trajectoires de 8 à 14 cm
- La direction de tonte (sens fixe, double passage 0°/90°, ou alternance)
- La "retoque des coins" pour plus d'efficacité dans les angles
- Le chevauchement des bords selon vos préférences
Tout cela peut se paramétrer différemment par zone. Un niveau de personnalisation vraiment complet.
Autre point intéressant, que j'ai particulièrement apprécié et qui montre que ce robot souhaite s'inscrire dans la durée : il est possible d'activer un mode de protection de la batterie. Le robot interrompt sa charge à 80 % pendant la nuit pour préserver les cellules, puis reprend automatiquement le matin pour être à 100 % à l'heure de début de tonte programmée. Enfin, on peut aussi définir un niveau de charge maximal, pour prolonger la durée de vie de la batterie.
Les limites du V600 de TerraMow
Le produit parfait n'existant pas, je vais vous partager quelques limites que j'ai pu relever sur ce robot tondeuse après plusieurs semaines de test. Ces limites sont réelles, mais aucune n'est rédhibitoire. Ce sont des compromis inhérents aux choix techniques du produit.
La tonte des bordures
La première limite se situe au niveau des bordures. Le V600 ne dispose pas d'un système pour couper l'herbe au niveau des bordures. Il faut donc se contenter de son disque central, qui procure une largeur de coupe de 203 mm. Le petit souci réside dans le fait que les trois lames du disques arrivent à environ 15 cm du bord du robot. Donc même s'il longe bien les bordures, il laisse environ 15 cm d'herbe en périphérie (sauf pour les limites où il peut chevaucher, si vous avez activé ce paramètre). Et ces 15 cm, c'est trois fois plus que certains robots équipés de deux disques de coupe. Il faudra donc s'armer d'un coupe bordure pour effectuer manuellement les finitions de temps en temps.
J'ai remonté ce point à la marque, car je ne pense pas que cela soit beaucoup plus onéreux de placer deux disques au lieu d'un. Ce point a donc été communiqué au service R&D de la marque. Qui sait, peut être que les versions futures intègreront mon idée !
Les horaires journalières de tonte
C'est sans doute le point qui m'a le plus gêné. Comme tous les robots tondeuses, le TerraMow dispose d'une plage horaire durant laquelle il ne travaille pas (la nuit...). Si sur de nombreux robots, il est possible de définir l'heure souhaitée, le V600 permet uniquement de se caler sur les heures de lever et du coucher du soleil (avec un delta ajustable jusqu'à une heure). Et ça ne me gênerait peut-être pas si je n'habitais pas en Normandie. Car durant le printemps et l'automne, le matin, il y a la rosée, qui rend l'herbe humide. Et pour ma part je préfère attendre un peu plus que simplement l'heure de lever du soleil, afin que l'herbe sèche...
J'ai remonté aussi ce point à TerraMow, et qui sait, peut être qu'une mise à jour de l'application (ou du robot) pourrait permettre de résoudre ce petit désagrément.
La connectivité 4G nécessitant un forfait data
Pour permettre au robot d'être connecté, même lorsqu'il ne capte pas le WiFi de la maison, TerraMox l'a doté d'une carte SIM. La première année, 1 Go est offert. Ensuite, il faudra investir 19 € pour 1 Go valable un an si l'on souhaite conserver cette fonctionnalité.
Le tarif est raisonnable, comparé à certaines marques concurrentes mais c'est toujours un coût en plus...
Pour ma part, j'ai utilisé seulement 0,1 Mo de ce forfait durant mes trois semaines de test car mon jardin est entièrement couvert par mon réseau WiFi.
La gestion des herbes hautes
Comme beaucoup de robots tondeuses, le V600 possède une hauteur d'herbe maximale au delà de laquelle il ne tondra pas. Et pour lui, la barre a été fixée à 20 cm. Au-delà de ces 20 cm, le robot risque de percevoir l'herbe comme un obstacle et de la contourner. La solution ? Faire une première passe en mode télécommande manuelle. Une tonte régulière ensuite suffit à éviter de rencontrer à nouveau cette situation.
L'application et les fonctions avancées
L'appli TerraMow est complète. Il m'a fallu un peu de temps pour m'y retrouver, probablement parce que j'utilise la même application depuis trois ans et qu'on s'habitue vite à ses repères. Mais une fois l'applicaion TerraMow prise en main, tout est bien là.
On peut depuis l'appli : lancer une tonte auto, de zone, de bordure, ou dessiner une zone précise sur la carte (la MowBox). Planifier des récurrences, gérer plusieurs zones avec des réglages distincts, et même visionner le flux caméra en temps réel à distance.
Parmi les fonctions avancées notables :
- Téléchargement des données météo pour rentrer automatiquement en cas d'événement climatique
- Capteur de pluie intégré : suspension de tonte et reprise après 1 à 4 heures (ça c'est assez classique)
- Mode antivol avec alarme, verrouillage et localisation via carte SIM
- Intégration native Home Assistant pour les amateurs de domotique
Sur ce dernier point, je prépare un tutoriel dédié (ça mérite son propre article plutôt que d'alourdir celui-ci).
Verdict et positionnement prix
Le TerraMow V600 à 999 € : est-ce que ça vaut le coup ?
À ce prix-là, la concurrence est nombreuse et joue majoritairement la carte du RTK, voir du LiDAR pour certains modèles. Mais le V600 a un avantage : il arrive avec son garage, ce qui n'est pas toujours le cas, et oblige parfois à investir entre 100 et 150 € supplémentaire pour mettre à l'abri son robot. Ce qui peut sembler être un détail est finalement à prendre en compte. Ajoutez à cela la facilité d'installation contrairement aux modèles RTK par exemple.
Sur la technologie, le V600 fait un choix différent : pas de LiDAR, uniquement de la vision IA. Est-ce inférieur ? Après plusieurs semaines de test, ma réponse est non. C'est différent. Le LiDAR mesure les distances au laser avec précision, indépendamment des conditions lumineuses. La vision IA interprète l'environnement comme un œil, avec la richesse et la sensibilité que cela implique. Sur ma pelouse normande, avec ses zones ombragées et ses variations de lumière, le V600 s'en est très bien sorti.
À qui s'adresse-t-il ? À tous ceux qui veulent un robot tondeuse sans prise de tête sur un jardin jusqu'à 600 m², avec une installation simple et un résultat fiable. Si votre surface dépasse les 600 m², TerraMow propose le V1000 à 1 299 € : même technologie, même approche, surface (quasi) doublée.
Je n'ai pas fait le calcul dont je ne peux pas vous dire que ce robot de TerraMow constitue le meilleur rapport €/m² mais je peux vous dire en revanche que c'est un robot bien construit, bien pensé, avec une technologie qui a déjà fait ses preuves ailleurs (dans des drones, des robots aspirateurs...) et qui est appliquée ici avec sérieux.
Bon à savoir, Terramow propose actuellement une promotion sur le V600 ce qui fait descendre le prix à 849 € ! Et à ce prix là, c'est super intéressant. Le V1000 est également concerné par cette réduction de 150 € (ici).
Conclusion
Le TerraMow V600 tient sa promesse principale : naviguer sans fil, sans RTK et sans LiDAR, uniquement par vision IA, et il le fait bien. L'installation est la plus simple du marché, la cartographie est automatique et précise, et la tonte au quotidien est fiable.
Il a ses limites (dont certaines qu'il partage avec de nombreux concurrents) : les bordures à 15 cm, l'absence d'horaire fixe, la gestion de l'herbe très haute. Mais aucune ne remet en cause son usage au quotidien pour la grande majorité des jardins. Pour un premier robot tondeuse ou un changement de modèle sur une surface jusqu'à 600 m², le V600 est une option sérieuse et bien positionnée.
